L'hôtellerie-restauration européenne a connu une année 2023 difficile. À quoi ressemble 2024 jusqu'à présent ? Certains segments prennent-ils de l'avance pendant que d'autres peinent, et comment les marchés se comparent-ils entre eux ?
Nous examinons quatre segments — restaurants fast casual, restaurants social dining, bars et cafés, et coffee shops — sur cinq marchés : les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni.
Précision sur les chiffres : il s'agit de données à mi-année 2024 comparées à l'année pleine 2023, issues de notre Foodservice Database en juillet 2024. Les pourcentages sont arrondis au point entier le plus proche.
Restaurants fast casual
Le fast casual a tenu bon dans la plupart des marchés européens, même si le rythme varie fortement.
Aux Pays-Bas, le segment progresse de 1 % par rapport à 2023. Comme nous l'avons indiqué dans un précédent article, le fast casual a continué de croître alors que la plupart des autres segments eat, drink et sleep reculaient. Cette croissance mérite néanmoins d'être surveillée : elle était de +5 % en 2023 contre +1 % aujourd'hui, ce qui traduit un net ralentissement plutôt qu'une poursuite de la tendance.
La Belgique et l'Allemagne progressent toutes deux de 4 %, résistant aux mêmes pressions de marché. La France et le Royaume-Uni reculent chacun de 1 % — mais tous deux chutaient bien plus vite un an plus tôt, à −6 % et −4 % respectivement, ce qui indique une trajectoire de stabilisation plutôt qu'un déclin qui se poursuit.
Restaurants social dining
Le social dining est le plus irrégulier des quatre segments.
Les Pays-Bas reculent de 1 %. Le segment est stable depuis 2020 et en baisse depuis 2023, sous l'effet de fermetures plutôt que d'insolvabilités — des établissements qui quittent le marché par choix plutôt que par échec, ce qui pose un problème différent aux marques cherchant à conserver leur distribution.
La Belgique recule aussi de 1 %, mais après −3 % en 2021 et −4 % en 2023, le rythme du déclin ralentit.
La France est allée à contre-courant pendant plusieurs années, avec +2 % en 2021 et +6 % en 2022, avant de rendre depuis une bonne partie de ces gains — un recul cumulé de 6 % sur 2023 et 2024. L'Allemagne et le Royaume-Uni sont les deux marchés en territoire positif, même si le gain de l'Allemagne est juste assez faible pour être arrondi à zéro, et le +1 % du Royaume-Uni fait suite à une année à −2 %, ce qui en fait une reprise plutôt qu'une expansion.
Bars et cafés
C'est le segment le plus clairement en difficulté : tous les marchés analysés reculent.
Les Pays-Bas et l'Allemagne ont tous deux chuté de 3 %, la France de 2 %, et le Royaume-Uni de 1 %. La Belgique est la seule exception, avec réserve — après −5 % en 2022 et −4 % en 2023, le recul de 2 % cette année marque un ralentissement, sans pour autant constituer un plancher.
Coffee shops
La France et les Pays-Bas suivent la même trajectoire : une forte croissance ces dernières années, puis un retournement à la baisse en 2024, les deux marchés reculant de 1 %. Reste à savoir si cela traduit une saturation — il est trop tôt pour se prononcer sur une seule année, et c'est le segment le plus à surveiller dans les mois qui viennent.
L'Allemagne et le Royaume-Uni continuent de croître, tous deux de 2 %, mais le ralentissement y est tout aussi visible. L'Allemagne avait affiché une hausse de 18 % en 2022 ; 2 %, c'est un marché différent.
Conclusion
L'hôtellerie-restauration européenne continue de se redresser de façon inégale. Les bars et cafés reculent sur tous les marchés couverts, sans exception. Le fast casual est le moteur de croissance aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne, et le social dining a renoué avec une croissance modeste au Royaume-Uni.
Ce qui traverse les quatre segments, c'est le ralentissement : les marchés qui croissent croissent plus lentement qu'avant, et ceux qui reculent reculent eux aussi plus lentement. Cela rend les données de localisation actuelles plus précieuses qu'une simple courbe de tendance, car un segment peut basculer en l'espace d'une seule année — et un commercial envoyé vers un établissement fermé le trimestre précédent, c'est une visite payée deux fois.
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